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Rando du jeudi 07 juin 2018 à MONTCABRIER - 46

8 juin 2018 - 16:23

 07 H 30 – Parking Delbosq – Nous sommes 9 à nous retrouver pour nous rendre à Montcabrier dans le Lot, non loin de FUMEL, commune accueillant habituellement les 47 du 47 :  Hermine nous a concocté un parcours alléchant de 25 km avec un dénivelé approximatif de 575.

C’est un président de club de basket de Montech, heureux et tout rajeuni qui nous accompagne, après la victoire de ses protégées qui accèderont l’an prochain au niveau supérieur. Pour la circonstance, Michel, puisque c’est de lui dont il s’agit, arbore une teinture d’un rouge-brun qui lui sied à merveille, selon nos randonneuses du jour. (cf photo 1).  

Au cours du déplacement, la discussion porte essentiellement sur le temps qu’il va faire en ce jeudi. Après les pluies de ces derniers jours, certains sont optimistes, d’autres un peu moins, ne croyant pas aux prédictions de « météo bleue ».

Entre 1236 et 1316, une douzaine de Bastides ont été fondées dans l’actuel département du Lot qui correspond en partie à l’ancienne province du Quercy. Ce territoire a été l’objet de convoitise de la part des différents pouvoirs qui se sont succédés à la tête des nombreux fiefs. Selon les périodes et les lieux, se retrouvent le Comte de Toulouse, le Vicomte de Turenne, les Evêques de Cahors, les Abbés des grandes abbayes ou encore les Barons en Haut-Quercy. Les seigneurs locaux ont répondu à une volonté de réorganisation des terroirs d’occupation ancienne et à la nécessité de construction en fondant des Bastides, le plus souvent organisées selon un axe principal le long duquel la place et l’église se sont implantées.

Aux confins du Quercy, de l’Agenais et du Périgord, dominant la Vallée de la Thèze, Montcabrier, fondée en 1297, doit son nom au Sénéchal Guy de Caprier, œuvrant pour le compte du Roi de France Philippe IV le Bel. La Bastide est implantée sur les terres des Seigneurs de Pestilhac, face au castrum préexistant, que la ville neuve supplantera. L’histoire de Montcabrier est ainsi marquée par d’incessantes querelles avec le proche castrum, allié des Anglais. Cette fondation apparaît donc comme un moyen de confisquer aux Seigneurs locaux une partie de leurs territoires, et de s’imposer en zone frontière.

L’Eglise Saint-Louis, classée Monument Historique, parfaitement intégrée dans le tissu urbain, à l’angle de la place, est contemporaine de la fondation de la Bastide. Celle-ci traversée par le Chemin de Saint-Jacques, reliant Rocamadour à Villeneuve-sur-Lot avait également un rôle économique. Le marché y a encore lieu le vendredi, tel que cela a été institué en 1297 (Vendredi soir en été, Marché des Agriculteurs de Montcabrier).

Bastide très bien organisée avec ses rues parallèles qui s’entrecroisent autour d’une place carrée, bordée de belles façades médiévales, avec arcades et cornières en encorbellement, on notera les escaliers dans les entremis, séparant les habitations. L’Eglise Saint-Louis (XIVème) domine la place de toute la hauteur de son clocher-mur à six arcatures et son très joli portail rayonnant intégrant une rosace : curieuse porte latérale, ornée d’un arc ployé en contre-courbe. Le presbytère surmonté de la mitre de cheminée ajourée, la maison dite de la cour de justice avec son échauguette du XVIème, l’ancienne maison de la jugerie avec la fenêtre Renaissance, les vestiges de l’enceinte, des remparts, la tour d’angle, la porte fortifiée du XIVème et son point de vue sur la Vallée de la Thèze, voilà tous les charmes de la Bastide de Montcabrier.

En 1287, Amalvin de Pestilhac. a passé un accord de paréage pour toute sa seigneurie avec le roi de France. Le sénéchal de Quercy Guy de Cabrier a alors fondé dans l'honneur de Pestilhac une bastide à laquelle il a donné son nom, Montcabrier. Il lui a donné des coutumes le 7 février 1298.

Les relations entre les habitants de Pestilhac avec ceux de Montcabrier, entre les seigneurs de Pestilhac avec le roi de France sont vite devenues mauvaises. En 1302, Amalvin de Pestillac se plaint d'incidents graves. Il se plaint que les habitants de Montcabrier ont aidés des officiers du roi à s'emparer de Pestilhac. C'est probablement cette opposition permanente qui va conduire Amalvin de Pestillac à rejoindre le parti du roi d'Angleterre. Il a été déclaré rebelle au roi de France en 1342. En 1346, il est allé à Bordeaux pour accueillir le comte de Derby. Pendant vingt ans il a pillé le pays. Revenant du siège de Domme, sa troupe sont interceptées par celle de Montcabrier ou Marminiac au Budge de Guerre, à Pomarède Reconnu, il a été tué puis les vainqueurs sont allés prendre le castrum de Pestilhac et l'ont détruit.

L'église a dû être construite en même temps que les restes de la bastide, entre 1287 et 1298, comme semblent le montrer les chapiteaux des chapelles qui sont semblables à ceux du massif occidental de la cathédrale de Cahors  Le portail occidental a été construit dans les années 1290 ou au début du XIVe siècle Louis IX a été canonisé par le pape Boniface VIII  le 4 août 1297 sous le nom de « saint Louis de France ».

En 1356, un nouvel accord est nouvel passé annulant une partie de celui de 1287. Les Pestilhac sont redevenus les seuls seigneurs du castrum de Pestilhac.

Les voûtes des deux chapelles sont reconstruites au XVe siècle. Montcabrier supplante Pestilhac et devient le siège d'un archiprêtré.

Les voûtes de la nef sont refaites et de nouvelles fenêtres sont percées au XVIIIe siècle. On ajoute la sacristie derrière le chœur.

En 1889 la foudre détruit le clocher et la couverture de la première travée. On a alors décidé de démolir la première travée et de démonter la façade occidentale pour la remonter contre la deuxième travée. Ces travaux ont été effectués à la fin du XIXe siècle par l'entreprise Crespel de Puy-l'Évêque.

L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1925 et 2003.

Dès notre arrivée, une fois équipé, nous commençons notre progression sous les conseils avisés d’Hermine. Nous parcourons quelques hectomètres pour arriver en forêt et nous rendre compte très vite que le chemin indiqué sur la carte, n’est plus très emprunté et par endroits n’existe plus. Qu’à cela ne tienne, nos animateurs s’allient pour poursuivre. Au cours de ces pérégrinations, l’œil avisé de Michel perçoit à quelques mètres de lui sur le côté, quelque chose de couleur oranger. S’agissant de néophytes comme nous, nous n’y aurions pas porté grande attention, mais, il s’approche et nous indique que ce sont des giroles et que les environs doivent en regorger.  A ces mots, chacun se trouve soudain attiré par la découverte ou non de ce précieux champignon.  Très vite, quelques poumpils sortent de leurs sacs à dos des poches qui se remplissent  en quelques dizaines de minutes : ce sont facilement deux à trois kilos de giroles qui seront ramassés.  Evidemment, en fonction de cet intermède, il est décidé de raccourcir notre ballade.

A l’entrée du village de Bonaguil, nous remarquons quelques œuvres d’art, dont une statue ressemblant fortement à notre « grand Charles » (cf photo 2), une autre pouvant évoquer un dictateur connu avec sa petite moustache( cf photo 3)  et des animaux (cf photo 4).  En face, devant l’entrée d’une propriété, un gendarme nous fait comprendre par ses gestes d’aller voir ailleurs (cf photo 5).

C’est ce que nous faisons et c’est ainsi que vers  13 Heures, nous rallions le château de Bonaguil où nous déjeunons.  Le château de Bonaguil, avec les transformations de Bérenger de Roquefeuil, intègre les dernières améliorations dans la construction des chateaux forts  mais la barbacane qui en protège l'entrée annonce les transformations qui vont être nécessaires pour résister à l'artillerie qui passait à la fin du XVe siècle des boulets de pierre aux boulets de fonte.

Il est situé sur un éperon calcaire qui domine d'une trentaine de mètres le confluent de deux étroites vallées, sur un affluent de la Thèze , appelée de trois noms : le ruisseau de Caupenne, la Petite Thèze et ruisseau de Bonaguil. Il présente la particularité de ne pas être sur une position stratégique : le château ne défend pas une ville, ni le passage d'un fleuve, ni une vallée importante ou une route commerciale.

Sa construction débute au XIIIe siècle puis il est entièrement repris à la fin duXVe siècle et au début du XVIe siècle par le baron Bérenger de Roquefeuil qui lui ajoute tous les perfectionnements défensifs du Moyen Age finissant. Il intègre à partir de 1480 les derniers perfectionnements de la défense au moyen de l'artillerie tant pour utiliser celle-ci que pour s'en prémunir : imposante barbacane couvrant l'accès au château, canonnières par dizaines tant dans les tours que dans les courtines, chambres de tir casematées (« voûtées ») à l'abri des boulets adverses et permettant des feux bas et rasants, « moineau » casematé interdisant toute circulation au fond du grand fossé, terrasses d'artillerie étagées au pied du corps de place qui constituent autant d'enceintes successives à forcer, aménagement à des fins défensives d'une grotte naturelle située sous l'éperon rocheux.

À son achèvement vers 1510, il apparaît cependant obsolète. En effet, à cette époque du début de la Renaissance les grandes familles nobles ainsi que le roi et ses proches commencent à construire les premiers chateaux de la Loire et, dans tout le royaume, de nombreuses forteresses médiévales de la petite et moyenne aristocratie, même si elles conservent quelques dispositifs défensifs, sont peu à peu transformées en résidences d'agrément par abattage d'une partie des tours et des courtines afin de les ouvrir sur la lumière et la campagne.

Hormis la perte de ses charpentes pendant la Révolution française, le château de Bonaguil est aujourd'hui dans un bon état de conservation. Il n'eut jamais à subir d'attaque et fut habité jusqu'à la Révolution. (cf photo 6)

 

A l’issue de ce déjeuner où nous nous sommes fait un nouvel ami à quatre pattes, nous reprenons notre marche sur les sentiers bien boisés qui ne laissent paraître que quelques rayons de soleil. Il fait une température idéale pour randonner.  Vers 16 heures 30, après avoir parcouru un peu plus de 20 kilomètres, nous rejoignons nos véhicules et quittons cette commune de MONTCABRIER non sans avoir visité sa belle église dont il est fait état en début de commentaire.  

Et la mousse me direz-vous !!! Non, non, non on ne l’a pas oubliée. En traversant, la jolie commune de Puy l’Evêque, nous trouvons une taverne et cette fois, c’est Maïté qui insiste pour nous abreuver suite à l’obtention récente de son SA1.  Trop contents de notre journée.(cf photo 7)

Serge.

 

 

 

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